Formations du domaine de socle armoricain
Ce volet a permis de rappeler que les aquifères de socle sont le plus souvent compartimentés.
Le rôle de réservoir (fonction capacitive :
emmagasinement
de l’eau de pluie) est assuré principalement par l’altération de la roche en place (les «
altérites
»), à
porosité
relativement importante mais de faible
perméabilité
. Généralement, le profil d’altération (allotérites) se développe depuis la surface et peut atteindre plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur.
Dans le département de l’Orne, les
altérites
des formations de socle sont principalement de nature argileuse mais peuvent aussi prendre une dominante limoneuse ou sableuse en fonction de la lithologie des roches mères sous-jacentes (notamment les
grès
et granites).
L’eau circule plus en profondeur surtout par le réseau de fissures et fractures existant dans l’«horizon fissuré», à
porosité
plus faible mais cependant significative, et à
perméabilité
plus importante (fonction transmissive).
La présence de failles ou réseau de fractures peut avoir un impact significatif sur l’évolution des caractéristiques hydrodynamiques intrinsèques des réservoirs et sur la continuité des aquifères. Dans certains cas, les failles sont faiblement perméables et agissent comme des barrières hydrauliques. Dans d’autres situations, les failles favorisent la présence d’importants flux souterrains dont certains profonds.
A titre d’exemple, on remarque que sur certains bassins versants comme celui de la Rouvre, on constate que les allotérites ont une dominante sableuse et sont peu épaisses (notamment à l’aval du
bassin
, sur le massif d’Athis). Cet élément pourrait expliquer en partie la faiblesse du débit spécifique rencontré à l’étiage sur ce
bassin
, de l’ordre de 0,6 l/s/km², caractérisant un très faible effet capacitif des unités aquifères.
Formations sédimentaires
Les aquifères sédimentaires du département de l’Orne traitées dans le cadre du programme OAGPRO61 sont : les formations de l’Aalénien-Bajocien-Bathonien (Dogger), les formations de l’Oxfodrien-Kimméridgien et les formations du Crétacé supérieur (Craie et Sables du Perche). Dans les bassins versants du centre et l’Est du département de l’Orne, ces aquifères supportent des
nappes
libres (au niveau de leur zone d’
affleurement
) et captives (sous recouvrement, en fonction de leur situation géologique ou géomorphologique. Exemple du Bajocien-Bathonien captif sous les formations marneuses calloviennes).
Comme le montre la coupe géologique (cf. Figure 1 plus bas), il faudra également garder en mémoire que les unités géologiques supports des aquifères sédimentaires sont, dans le détail, également hétérogènes.
Les aquifères sédimentaires du département de l’Orne sont donc également compartimentées, à l’instar des aquifères du domaine de socle.
Les formations sédimentaires carbonatées du département de l’Orne connaissent le développement d’une karstification, en particulier celles de la craie à l’Est du département (cf. photographie d'illustration en Figure 2). Cette particularité va impacter l’ensemble des propriétés hydrodynamiques des formations et accentuer la vulnérabilité des eaux souterraines (mise en contact rapide des eaux de surface avec les eaux souterraines et vitesses de circulation souterraines plus élevées).
Attention, la karstification ne se limite pas aux seules formations crayeuses. En effet, bien que les indices soient encore mal référencés à l’échelle départementale, ces phénomènes ont pu également être décrits dans les formations carbonatées jurassiques (ex. du secteur de Radon au Nord d’Alençon).
Caractérisation hydrogéologique des principales formations aquifères par secteur géographique
Dans ce volet, un important travail de synthèse bibliographique a été mené pour compiler pour les informations à portée opérationnelle disponibles pour chaque
aquifère
: géométrie et épaisseur
aquifère
, condition d’alimentation et de recharge, écoulements, fluctuation des
nappes
, paramètres hydrodynamiques et productivité.
Ces éléments caractéristiques des principaux aquifères rencontrés dans le département de l’Orne ont été regroupés dans un même support et quand cela était possible cartographiés, permettant ainsi leur comparaison.
Importante mise en garde : Cette synthèse des connaissances sur le fonctionnement hydrogéologique des aquifères du domaine sédimentaire et du socle s’appuie sur l’analyse de documents bibliographiques ou de données disponibles (Banque données du Sous-Sol, Bibliothèque Générale et Régionale du
BRGM
et archives du SDE61 principalement).
La synthèse n’est pas exhaustive et s’appuie principalement sur les informations issues de programmes de recherche en eau potable donc à priori caractérisant les zones les plus productives et des grands aquifères régionaux (éléments non vérifiables).
L’ensemble des informations rassemblées dans ce volet de l’Atlas ne sont donc données qu’à titre indicatif, les hypothèses mises en avant n’ayant fait l’objet d’aucune investigation spécifique.