SIGES Artois-Picardie

Contexte hydrogéologique simplifié

Le bassin Artois-Picardie correspond à l’un des sept districts hydrographiques français. Il s’étend sur environ 20000 km2 et couvre les départements du Nord, du Pas-de-Calais et une partie de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise (Agences de l’Eau, 2022). Ce territoire regroupe environ 4,8 millions d’habitants et constitue une zone fortement urbanisée et industrialisée, où la ressource en eau est particulièrement sollicitée. A l’échelle du bassin 93% de l’alimentation en eau potable est assurée par les eaux souterraines (Agence de l’eau, 2021)

Situé au Nord de la France, le bassin Artois-Picardie repose sur la bordure nord du bassin sédimentaire de Paris et sur le bassin des Flandres. Il est constitué de formations géologiques variées, allant du socle ancien (Paléozoïque) à des formations sédimentaires plus récentes du Mésozoïque et du Cénozoïque. Ce cadre géologique régional dominé par la craie du Crétacé, qui joue un rôle structurel et hydrogéologique majeur (Roux, 2006) dans le fonctionnement du bassin . 

Sur le plan hydrogéologique, la nappe de la craie constitue le principal aquifère du bassin (Fig1), présente une porosité double, liée à la fois à la matrice poreuse et à un réseau de fracture, permettant ainsi à la fois le stockage de l’eau (capacité) et sa circulation( transmissivité ). Cette nappe est alimentée principalement par infiltration des précipitations sur les plateaux. Des échanges importants entre eaux souterraines et eaux de surface ont lieu, notamment à l’ouest du bassin où la nappe alimente les rivières comme la Somme, l’Authie, la Canche (Pointet, 2002).

D’autres aquifères existent dans le bassin , notamment les calcaires du Carbonifère (libre au niveau des synclinaux de l’Avesnois), les grès et calcaires du Jurassique (Boutonnières du Boulonnais), les formations sableuses de l’Eocène et les aquifères superficiels des alluvions quaternaires. Ces entités ont été rigoureusement délimitées et caractérisées dans le référentiel hydrogéologique français, la BDLisa  (Paroissien et al., 2015). 

Ces aquifères peuvent être superposés et connectés, libres ou captifs, ce qui rend le fonctionnement hydrogéologique relativement complexe.

L’ensemble constitue un système multicouche complexe, avec des niveaux perméables séparés par des formations peu perméables à imperméables comme les marnes et argiles. 

Ce système, bien que relativement homogène, présente des sensibilités importantes liées à sa forte exploitation et sa vulnérabilité aux pollutions. La compréhension fine de son fonctionnement constitue un enjeu central pour la gestion durable de la ressource en eau dans un contexte de pressions croissantes(Picot and DUFRENOY, 2012).

Tableau de synthèse