Bretagne
B1A2 - Carrière de la Marette (commune de Saint-Malon-sur-Mel)
Observation des roches (couleurs : blanc-rouge-vert)
B1A2_Bre
SIGES
Accès au site
La Carrière de la Marette est située à Saint-Malon-sur-Mel à proximité de l’étang et du camping du même nom. On y accède via la route D59.
Carte de localisation du site "Carrière de la Marette" (commune de Saint-Malon-sur-Mel)
©IGN
Carte de localisation du site "Carrière de la Marette" (©IGN)
Que voir ? Que conclure ?
Cette deuxième étape permet d’observer à l’ affleurement 2 des 3 formations géologiques du secteur de Paimpont : : les schistes du Briovérien et les Schistes rouges de la formation de Pont-Réan (empilement, stratification, couleurs), et d’imaginer la circulation de l’eau au sein de ces formations (voir arrêt n°2 sur la coupe ci-dessous).
Le synclinal paléozoïque du secteur de Paimpont : localisation de quelques arrêts clés
SIGES
Le synclinal paléozoïque du secteur de Paimpont : localisation de quelques arrêts clés
Affleurement des Formations du Briovérien et de Pont-Réan (Saint-Malon-sur-Mel, Carrière de la Marette)
BRGM , 2019
Affleurement des Formations du Briovérien et de Pont-Réan (Saint-Malon-sur-Mel, Carrière de la Marette) (source : BRGM , 2019)
La Carrière de la Marette est un site géologique protégé et c’est un espace naturel du Département d’Ille-et-Vilaine. Il présente un véritable intérêt patrimonial, scientifique et pédagogique. C’est une ancienne carrière exploitée jusqu’en 1955 pour l’empierrement des routes et la production de moellons. L’image offerte par le front de taille résume 300 millions d’années de l’histoire géologique de la Bretagne (lien). Aujourd’hui propriété du Département d’Ille-et-Vilaine, ce dernier en assure l’entretien, la préservation et la valorisation en partenariat avec la Société géologique et minéralogique de Bretagne (SGMB).
La Carrière de la Marette montre la discordance du Paléozoïque (Schistes rouges de la Formation de Pont-Réan) sur les schistes du Briovérien. En géologie, on parle de discordance entre les couches du sous-sol, lorsque ces couches ne se superposent pas régulièrement les unes aux autres. Ici, la surface de discordance est une ancienne surface d'érosion séparant un ensemble de strates plissées lors d'une phase tectonique antérieure (constituant les schistes briovériens), d'un autre ensemble de strates non plissées qui reposent sur les précédentes (schistes rouges). Ces dernières n'ont pas été affectées par l'évènement tectonique qui a plissé les schistes briovériens car elles se sont déposées postérieurement à cet épisode. La stratification de ces 2 types de roches est différente.
D’après la notice de la carte géologique à 1/50 000 de Montfort-sur-Meu (n°316), le socle briovérien vu sur ce site a une lithologie constituée de
grès
dominants (
grès
plus ou moins grossiers) avec quelques rares interlits de siltites. La couleur dominante de la roche est plutôt verte. La série rouge du Paléozoïque qui recouvre la surface briovérienne est représentée par des dalles pourprées de couleur ocre (microconglomérat à fragments schisteux, ou fragments de taille millimétrique jointifs de siltites et de rares galets gréseux).
Pour en savoir plus, le site internet de l’Encyclopédie de Brocéliande présente une description exhaustive de cette carrière.
D’un point de vue hydrogéologique, on rappelle que l’eau souterraine est alimentée par les précipitations qui tombent à la surface du sol, après infiltration sous nos pieds de la fraction de la pluie qui n’a pas ruisselé en surface. Une fois infiltrée, elle circule dans les pores et les fissures/fractures des roches, on parle alors d’ aquifère ou de nappe phréatique . Cette circulation est plus ou moins lente suivant la nature de la roche.
Un système aquifère , c’est à la fois un réservoir capable d’emmagasiner des volumes plus ou moins importants d’eau provenant des pluies infiltrées, et un conducteur permettant les écoulements souterrains et la vidange progressive du réservoir vers ses exutoires naturels que sont les rivières (voir article sur les Aquifères bretons). En Bretagne, les deux fonctions sont le plus souvent séparées :
- le rôle de réservoir (fonction capacitive : emmagasinement de l’eau de pluie) est assuré principalement par l’altération de la roche en place (les « altérites »), à porosité importante et faible perméabilité , développée depuis la surface, sur parfois plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur ;
- tandis que l’eau circule surtout par le réseau de fissures et fractures existant plus bas (fonctions capacitive et transmissive), dans la roche saine ou moins atteinte par l’altération « horizon fissuré », à porosité plus faible mais néanmoins significative (1 à 5%) et à perméabilité plus importante (10-4 à 10-6 m/s).
En Bretagne, les eaux souterraines sont donc situées au sein de deux aquifères superposés et en contact permanent : celui des altérites et celui du milieu fissuré.
Au droit de la Carrière de la Marette, les formations sont compactes et peu altérées. La circulation de l’eau au sein de ces formations se fait principalement dans les fractures des roches et suivant leurs stratifications. Dans les secteurs où ces roches sont altérées, l’eau souterraine circule également dans la matrice des formations géologiques ( altérites et horizon fissuré).
Des ordres de grandeur de teneur en eau dans ces roches peuvent être fournis : 0.2 à 0.7% pour la Formation de Pont-Réan, et 0.8 à 2.7% pour la Formation du Briovérien. Ils proviennent de résultats du projet SILURES Bassins versants (rapport BRGM/RP-53742-FR).
Les grès de la Formation de Pont-Réan sont inclinés vers le Sud et annoncent une structure tectonique de forme synclinale (voir coupe géologique en haut de l’article).